Lyon versus Sushila Shyam

Lors de leur venue à Lyon du 2 mai au 31 mai 2016, les 3 femmes peintres (Manisha Jha Sushila Shyam et Reena Valvi), que l’association Duppata avait invitées, ont peint des œuvres sur le thème de l’arbre dont l’intitulé était « Regards de l’Inde tribale sur la ville de Lyon ». Chaque artiste avait pour objectif de réaliser une peinture qui évoque sa première perception de la vie lyonnaise.

Durant ce séjour lyonnais, les 3 peintres ont participé à un évènement organisé à la bibliothèque de l’ENTPE – Ecole d’architecture sis à Vaux en Velin le 24 mai 2016. Pour les artistes indiens, ce fut un grand moment, une journée très valorisante dans un monde du livre auquel ils ont rarement accès.

L’oeuvre de Sushila Shyam (peintre Gond) a été offerte à l’ENTPE en présence de Monsieur Lesort directeur de l’ENTPE, Christian Journet, président de l’association Duppata, Urvashi Singh enseignante à l’ENTPE et membre de Duppata.

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Pérouges à ……. Pérouges

Lors de leur venue à Lyon du 2 mai au 31 mai,  les 3 femmes peintres, que l’association Duppata avait invitées, ont réalisé des œuvres sur le thème de l’arbre dont l’intitulé était « Regards de l’Inde tribale sur la ville de Lyon ».

Durant ce séjour lyonnais, les 3 peintres ont participé à un évènement organisé à la Maison des Arts Contemporains (MAC, rue du fort, 01800 Pérouges) les 7 et 8 mai 2016.

Manisha Jha, peintre madhubani et architecte de formation,  a choisi de réaliser une toile sur Pérouges. Cette oeuvre ne pouvait trouver sa place qu’au sein de la MAC à Pérouges. Christian Journet, président de l’association Duppata et en accord avec Manisha Jha, a remis le tableau le  19 novembre 2016.

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Une fresque warli à « Raconte moi la terre »

Reena Umbersad Valvi, dans le cadre de son séjour lyonnais au mois de mai 2016, a réalisé une fresque sur l’un des murs de la librairie « Raconte moi la terre »  (14 rue du plat, 69002 Lyon).

Les thèmes favoris sont présents : l’arbre, la danse de tarpa, les différentes activités de la vie quotidienne, etc.

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Naissance d’une oeuvre Gond

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Lyon, le Rhône et la Saône , versus art Gond

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Pérouges vu par Manisha, peintre Madhubani

Du  5 au 8 mai, la Maison des Arts Contemporains a exposé une sélection des œuvres de Reena, Manisha et Sushila.

Manisha a souhaité réaliser une peinture représentant le village de Pérouges.

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Et voilà la peinture terminée.

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Reena et les élèves de CM2

Les élèves de CM2 de Mme Cabaud, école Puits de la Forge à Mornant dans le Rhône, ont accueilli Reena et Sumitra son interprète pour travailler sur l’art Warli.

Après quelques explications sur les caractéristiques des oeuvres Warli et la projection d’un film, les élèves de CM2 ont commencé à dessiner en « warli » pendant que Reena réalisait une fresque au tableau. Les enfants avaient préparé la rencontre avec leur enseignante et ébauché leur dessin au brouillon. Les paons et les oiseaux de Reena se sont invités dans leur projet.

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Paragraphe

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Et le gagnant est…!

Merci pour tous les textes que vous nous avez envoyés et pour l’enthousiasme de vos écrits. Après avoir fait une première sélection de 9 textes ( 160517_textes sélectionnés), le jury a désigné les heureux gagnants :

1er prix : Madame Muriel Moulin, à partir d’une oeuvre de Sushila Shyam (Gond), gagne une peinture de son choix d’une valeur maximale de 400 €.

Cueillettes

Elle m’avait dit: Viens, ça te fera sortir de chez toi et puis ça te changera les idées. Je ne voulais pas. Je l’ai suivie; pour ne pas l’inquiéter, parce que je savais qu’elle ne renoncerait pas et puis peut être qu’elle avait raison. Ce n’est pas bon de rester enfermée.

Me voilà dans un vaste jardin, avec pour seule compagne, une coupe de champagne que l’on m’a mise dans la main. Je ne savais pas quoi en faire alors je la promène au milieu des peintures qui pendent aux arbres comme des fruits mûrs. Autour de moi, les gens rient, s’extasient, s’interpellent. Moi, je ne suis pas une habituée des mondanités, des cocktails. Je ne me sens pas à l’aise.

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Elle m’avait dit, je veux vous peindre. Me peindre? Moi? Oui, j’aimerais vous peindre pendant les travaux des champs. Mais pourquoi? Pourquoi peindre quelque chose d’aussi…d’aussi insignifiant ? Pourquoi vous ne peignez pas les exploits de Bada Dev quand il a créé la Terre ou de Parvati ? Moi je suis qu’une pauvre paysanne, ça n’intéressera personne!

Me voilà avec ma sœur, sous notre arbre. Elle est arrivée comme nous au petit matin, avec son papier, avec ses couleurs. Je n’ai pas osé lui dire non. Elle m’intimide, elle vient de la ville, de Bhopal. Je range quelques mèches folles sous mon voile, je rajuste mon sari. Je ne sais pas trop quoi faire. Je n’ai pas l’habitude qu’on m’observe. Elle me dit de faire comme si elle n’était pas là, de commencer à travailler. Kaka Baï me regarde, indécise. Je lui passe le panier et nous commençons à ramasser les fruits tombés à terre, mais je ne me sens pas à l’aise.

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Ma fille s’est mêlée à un groupe de femmes multicolores. Je m’approche timidement d’elles. Je regarde ma robe bleue marine, mes souliers noirs. Elles sont la lumière de l’Inde, moi je ne suis qu’une ombre. Une ombre invisible dans cet océan de couleurs. Pourquoi j’ai accepté de l’accompagner ? La peinture ? Je n’y connais rien. L’Inde ? Je ne suis jamais sortie de mon département excepté une fois pour aller voir l’Océan. Tout ce que je connais de l’Inde se résume aux quelques photos de voyage de ma fille dans ce pays, un pays si loin, si différent.

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Je m’approche timidement d’elle. Elle me sourit. Elle me présente la peinture. Je reste muette. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau. Le digna que ma mère avait peint sur le mur de ma maison pour célébrer mon mariage, me parait bien fade à côté de cette explosion de couleurs. En me voyant peinte sous notre arbre, j’ai un drôle de sentiment. Je suis née de ma mère, il y a dix-neuf ans et aujourd’hui, je nais une deuxième fois, sous le pinceau de cette femme. Elle me dit que ce tableau va être exposé dans un pays, loin de l’Inde, en France. Je ne veux pas. Je le veux dans ma maison. Mais non, il va partir en France, dans ce pays si loin, si différent.

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Je me promène distraitement dans cette galerie de peinture à ciel ouvert. Ce tableau !… Ce sont mes souvenirs oubliés qui sont en peinture. J’aimais me lever avant le soleil. Je préparais deux grands bols de café au lait. Je sortais devant la maison et je regardais le jour hésiter. Je humais les senteurs de la terre qui se réveille mêlées aux effluves du café. Je ne l’entendais pas venir. Je sentais juste sa large main se poser sur mon épaule et nous accueillions le soleil en sirotant notre café au lait. Petit moment de lenteur partagé. Ensuite, vite, il faut se dépêcher. Les olives sont noires. Il faut les ramasser. Déployer le large filet, frapper avec de longs bâtons, les branches et nos deux corps pliés en deux pendant des heures à ramasser, ramasser à n’en plus finir ces petits fruits noirs. Et elles, là-bas, dans cet autre pays, quel fruit ramassent-t-elles ? Je ne reconnais pas l’arbre, mais je reconnais le geste de ces deux femmes.

2ème prix : Madame Marguerite Sialelli, à partir d’une oeuvre de Manisha Jha (Madhubani), gagne une peinture de son choix d’une valeur maximale de 200 €

Légende indienne et imaginaire

Voilà ce qu’il advint, un jour, sur la terre.

C’était il y a longtemps, très longtemps de ça …

Les femmes savaient déjà chanter et se parer pour être belles aux yeux des dieux qui, de là haut, voient tout. Sur leur front, la tikka vermillon attiraient sur elles la chance et l’amitié de Shiva, leur modèle et leur ami.

Tout sur terre fleurissait et donnait du fruit : leur ventre s’arrondissait et laissait naître de beaux petits, les plantes s’épanouissaient en fleurs multicolores qu’elles récoltaient à pleins paniers pour les offrir aux dieux ou pour les piquer dans leur chevelure lavée à l’eau des ruisseaux et peignée à l’huile de moutarde. Elles s’en ornaient aussi la conque nacrée des oreilles. Les enfants trouvaient dans l’herbe verte et sous les feuilles des petits fruits dont ils rentraient tout barbouillés.

Les colliers, les bracelets dont elles se paraient tintaient au rythme de leurs chants, disant joyeusement leur réveil et la cadence des travaux des champs. Quand le soir venait, ils tintinnabulaient de moins en moins jusqu’au dernier tintement de la dernière endormie.

Mais, une seule chose attristait les femmes, une seule.

Le monde en ce temps-là, était à son commencement et les arbres n’avaient pas appris des dieux qu’ils pouvaient porter fleurs. Ils avaient des feuilles, des racines, des troncs, des branches et des brindilles mais de fleurs point pour égayer leur feuillage. Pas une, alors qu’alentour, quand venait le printemps, dans les prés, aux bords des rivières et au rebord des fossés, s’épanouissait tout un monde de couleur, d’odeur et d’espoir.

Un jour, les femmes se réunirent sous le gros arbre ombreux de la place du village. Elles étaient vêtues de leur plus beau sari, celui du mariage, et avaient sorti leurs bijoux les plus précieux. Elles se parèrent de fleurs dans les cheveux, autour du cou et même au lobe des oreilles et, à l’arbre, en portèrent des brassées dans des paniers d’osier.

Tous leurs bracelets, tous leurs colliers tintaient joyeusement, se mêlant à leurs chants :

Arbre, arbre ombreux,

Arbre qui nous abrite

Du soleil, de la pluie et du froid,

Arbre, merci mais aussi, veux-tu,

Nous faire des fleurs par milliers

Pour qu’on dise, te voyant de loin,

L’arbre a fleuri, réjouissons-nous,

Le printemps est là.

Puis toutes se défirent de leurs bracelets, de leurs colliers et en entourèrent, en prières et en offrande, le tronc, les branches, les branchettes et les racines qui affleuraient. Certaines même, posèrent leurs mains rougies de curcuma sur son tronc. C’était là une prière, un pacte qui liaient les femmes à l’arbre.

Et l’arbre se couvrit de fleurs.

Depuis ce temps-la, tous les ans, avant même que les feuilles tendent leurs petits doigts verts hors des bourgeons, les fleurs éclosent, visitées des abeilles et de tous les oiseaux du ciel qui viennent y faire leur nid, chantant en leur langage :

Arbre qui nous abrite du soleil, de la pluie

Tu nous offres tes fleurs par milliers

Et on dit de loin, dès qu’on te voit

Ça y est le printemps est arrivé.

Vous ne me croyez pas et pourtant… Lorsqu’un arbre meurt et que les bûcherons scient son tronc, regardez bien et vous verrez la marque circulaire que les colliers y ont laissée.

Et depuis ce temps-là jusqu’à aujourd’hui.

3ème prix : Madame Hélène Becquart, à partir d’une oeuvre de Reena Umbersad Valvi (Warli), gagne le livre « Art contemporain indien » de Hervé Perdriolle (éditions Seuil)

Le chant de la vie

En cette fin d’après-midi de mai, je chemine sur les pelouses fraîches parsemées de muscaris. Mes yeux papillonnent d’un sujet à l’autre, guidés par le murmure du vent. Portée par une brise parfumée je m’approche d’un buisson d’akébies qui s’étirent vers le soleil. L’arôme de la vanille m’enveloppe tandis que je m’approche de leurs pétales violets. Par-delà le feuillage bleuté, j’aperçois un sentier recouvert de fleur de cerisiers. Le tapis rose s’étend sous mes pieds et m’emmène vers un lac bordé de nénuphar, où le soleil débute sa baignade.

Parmi les roseaux trône un arbre centenaire, un saule pleureur, dont le dôme de branchage laisse échapper un parfum de camélias. Cette fragrance fruitée réveille à son tour ma curiosité enfantine. Mes mains dégagent délicatement la dentelle du feuillage, révélant un tableau imprévu.

Le rideau végétal s’écarte sur le décor du lac, près du tronc recouvert de camélia sont assises trois femmes en sari qui me dévisagent surprises. D’un regard, elles me convient plus en avant, trois tableaux sont étalés à leurs pieds ornés de bracelets. Mon regard se pose sur un des tableaux, une première femme m’indique une étiquette «Manisha Jha», dans une pantomime elle me raconte la vitalité à la source de son art. «Sushila Shyam,» me montre à son tour son tableau et d’un geste croque un fruit imaginaire, car l’image célèbre le goût de la vie. Quand mon regard se pose sur le tableau de «Reena Umbersad Valvi», l’artiste m’invite à prêter attention aux sons.

Et dans le noir de son tableau retentit le fourmillement de la vie.

Autour d’un grand arbre aux feuilles tombantes, s’agite la vie quotidienne.

Alors que le soleil se lève, les feuilles du banyan se mettent à parler. Elles parlent la langue des oiseaux qui saluent le ciel, elles parlent le dialecte des singes dont l’appétit s’éveille, elles murmurent avec les tamias, à la gourmandise sans pareille.

Sautant de branche en branche aux premiers rayons, on perçoit le bruit des pas qui s’agitent autour de la marmite de riz. Dans l’air résonne le bruit des marcheurs alourdis qui reviennent du puit. Quand s’étire les derniers rayons du soleil, un son perce l’air, c’est la mélodie du réveil des enfants, douce et caressante. Bientôt d’autres musiques lui répondent, comme le concert des animaux de la ferme, le solo du rire des bambins, le couplet sourd du grain que l’on moud. Assis sur une branche croquant un fruit doré, on goûte au rythme régulier des hommes aux champs, un son énergique qui aplanit la terre accompagnée de la vibration des instruments dans l’air. Appuyé sur le tronc, on entend les histoires que se racontent les femmes en ramassant les fruits. Dans l’air de midi, le grand banian fait silence et écoute ses voisins, les plantes et les fleurs qui doucement labourent la terre, le murmure des vaches et de leurs petits qui berce le soleil couchant. Quand l’astre commence à se noyer dans l’horizon, les enfants s’installent dans les racines noueuses du banyan, patients ils attendent que se réveille le Tarpa. Esprit de la vie qui fait chanter la nuit, et fait danser les pieds. Puis dans la nuit noire s’arrête le chant du Tarpa, les yeux se ferment et les voix s’endorment.

Alors le banyans révèle son chant éternel, celui de l’écorce qui croit et de la sève qui s’étend. Compositeur de la terre, il emporte chaque note de l’hymne de la vie au plus profond du sol. Et ses branches qui s’étendent vers le ciel, piquent minutieusement la nuit d’étoiles afin de transcrire la musique du temps.

Dans le jardin silencieux, les couleurs se sont noyées dans le lac et l’ombre du saule s’est étendue sur le monde. Dans le jardin profondément noirs, seul le rosier de la nuit révèle ses boutons de roses. Petits points blanc perdus au-dessus du feuillage noir, et au milieu, la rose pâle lunaire en pleine fleuraison éclaire la route de mon retour.

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